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Nantes-Saint-Nazaire : L’ancre restaurée de l’Hermione présentée pour la 1ère fois au grand public

L'ancre originale du bateau L'Hermione sera présentée au grand public les 25 et 26 mai prochains dans le cadre de la manifestation Débord de Loire. Une occasion unique pour découvrir cette pièce historique exceptionnelle restaurée par les équipes du laboratoire du Département, Arc’Antique !

Pour préparer son exposition et assurer sa conservation, le laboratoire Arc’Antique a été sollicité par le château des ducs de Bretagne-Musée d’histoire de Nantes pour réaliser les opérations de conservation-restauration.

Ainsi, le Département de Loire-Atlantique, Nantes Métropole et le Département des Recherches Subaquatiques et Sous-Marines du ministère de la Culture s’associent pour permettre la présentation au public de l’ancre restaurée dans le cadre de Débord de Loire les 25 et 26 mai prochain au village des Chantiers à Nantes.

L’ancre de l’Hermione est actuellement au laboratoire Arc’antique à Nantes pour une dernière phase de protection (pose d’un revêtement avant présentation en extérieur). Le village des chantiers accueillera le laboratoire Arc’Antique qui présentera ses activités au public (stand 23).

L’ancre sera déplacée par un camion grue le jeudi 23 mai en matinée.

L’histoire de l’Hermione, un bref rappel

En 1778, dans l'arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la Corderie Royale, l'Hermione était mise en chantier. Longue de 44,20 m, large de plus de 11 m, la frégate nécessita 11 mois de travail pour sa réalisation. Navire doté d'une voilure de 1500 m2 répartie sur trois mâts, l'Hermione fut construite sur les plans de l'ingénieur Chevillard Aîné. Elle faisait partie, avec la Courageuse, la Concorde et la Fée, d'une série de quatre frégates mises en chantier à Rochefort.

Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l'Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d'où son nom de "frégate de 12".

Le 21 mars 1780, le jeune major général de La Fayette embarque à bord de l'Hermione. Il part combattre aux côtés des insurgés américains qui luttent pour leur indépendance. Il débarque à Boston après 38 jours de traversée et rejoint le général Washington pour lui annoncer l'arrivée imminente des renforts français. La Fayette assure à bord de L'Hermione des missions de surveillance de la côte Est. Le 21 juillet 1781, l'équipage de la frégate combat avec succès lors de la bataille de Louisbourg, au côté du vaisseau L'Astrée, commandé par Jean-François de La Pérouse. En février 1782, alors que la guerre d'indépendance bascule en faveur des insurgés américains, L'Hermione regagne la France.

Le 20 septembre 1793, alors qu'elle convoyait vers Brest des navires chargés de canons sortis de la Fonderie royale d'Indret, la frégate royale « Hermione » s’échoue à mi-marée sur le plateau du Four au large du Croisic (Loire-Atlantique). La coque a une importante voie d’eau, la cale est crevée, le navire se remplit d'eau puis bascule, se couche sur tribord, puis sombre.

De la découverte de l’épave à la restauration de certaines pièces

En août 2005 des fouilles sont entreprises par l’équipe de Michel Vasquez, président de l'association Armada, inventeur de l’épave, sous la direction scientifique du DRASSM (Département des Recherches Subaquatiques et Sous-Marines – ministère de la Culture). Sur l'épave, plusieurs pièces sont prélevées dont l’ancre et deux canons.

La conservation-restauration de ces pièces est confiée au laboratoire Arc’Antique, seul établissement en France capable de restaurer des objets de cette taille. La situation géographique du Département de Loire-Atlantique, son environnement maritime, la richesse historique de son littoral ont amené naturellement le laboratoire Arc’Antique à se spécialiser dans les travaux de restauration d’objets archéologiques issus de fouilles sous-marines. Depuis 1993, avec la construction d’un local de 250 m² à pont-roulant, le laboratoire peut accueillir et traiter de gros objets, canons ou ancres, pouvant peser jusqu’à plusieurs tonnes.

Le traitement de conservation-restauration débute dès le 31 août 2005, il durera plus de quatre années.

En effet, après une immersion prolongée au fond des océans, les objets doivent être pris en charge dans des conditions particulières afin d’éviter qu’ils ne se détériorent rapidement à l’air. Le laboratoire a mis au point des procédés innovants pour protéger et restaurer ces objets du patrimoine sous-marin dans des conditions optimales.

Le traitement principal consiste à retirer les sels marins (chlorures) par l’application d’un courant électrique (électrolyse) : c’est l’étape de déchloruration. L’ancre est ainsi placée dans un bain chimique (électrolyte) et reliée à un générateur de courant. Sans cette action, les chlorures seraient responsables de phénomènes de dégradation irréversibles et rapides pouvant détruire une partie des objets.

La dernière étape de traitement consiste à appliquer une couche de protection à la surface des objets pour permettre leur exposition et leur conservation.

Depuis 2009, le Département des Recherches Subaquatiques et Sous-Marines du ministère de la Culture (DRASSM) a confié l’ancre et les canons de l’Hermione au château des ducs de Bretagne-Musée d’histoire de Nantes qui en assume la responsabilité scientifique.

20/05/2019 | 0 commentaire
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